Diddy acquitté de trafic sexuel et de racket, mais reconnu coupable dans le volet prostitution
Un jury new-yorkais n’a reconnu le rappeur P. Diddy coupable que de deux des cinq chefs d’accusation : il a été acquitté des plus graves.

Après des semaines d’une procédure tendue et des jours de délibérations à huis clos, le verdict est enfin tombé dans l’affaire Sean « Diddy » Combs. Et, disons-le franchement, il en a surpris plus d’un. Le mercredi 2 juillet, au terme d’un peu plus de deux jours de délibérations, le jury du tribunal fédéral de New York a reconnu Combs coupable d’avoir fait venir des travailleurs du sexe d’un État à l’autre pour ses tristement célèbres orgies.
Mais voici le principal rebondissement : les jurés n’ont pas été convaincus, au-delà de tout doute raisonnable, que Combs contraignait des femmes à participer à ces soirées, ce qui aurait relevé du trafic d’êtres humains. Ils n’ont pas cru non plus que le rappeur et son entourage dirigeaient une entreprise criminelle au sens de la loi fédérale RICO. Diddy a donc échappé aux accusations les plus lourdes, qui auraient pu lui coûter la liberté à vie, souligne Billboard.
Cet acquittement partiel est sans conteste une immense victoire pour Combs. S’il avait été reconnu coupable de tous les chefs, il aurait encouru au minimum 15 ans de prison, et au maximum la perpétuité. Désormais, pour le volet prostitution, la peine maximale est de 20 ans, sans peine plancher.
Ce verdict n’est que le point culminant de la chute vertigineuse de Combs, amorcée en novembre 2023. Son ex-compagne, la chanteuse Cassie Ventura, avait alors déposé contre lui une plainte civile aux accusations de violences proprement stupéfiantes. Sans perdre de temps, Diddy avait rapidement conclu un accord avec Ventura, en lui versant la somme colossale de 20 millions de dollars. Mais rien n’a pu arrêter l’avalanche. Une vague de plaintes similaires a suivi, puis le bras de fer civil s’est mué en véritable enquête pénale : en septembre 2024, Combs était inculpé et arrêté.
Pendant les sept semaines du procès, Combs a été accusé d’avoir utilisé son empire musical comme façade pour un syndicat du crime. Les procureurs n’ont pas lésiné sur les déclarations fracassantes : selon eux, le magnat du rap et ses complices auraient commis des crimes tels qu’enlèvement, corruption, trafic de stupéfiants et même incendie criminel (comme lorsque Combs aurait mis le feu à la voiture de Kid Cudi en 2012). Il était aussi question de violences et de menaces destinées à contraindre Ventura et une autre femme, connue sous le nom de « Jane », à participer à ces mêmes orgies, ce qui, selon l’accusation, n’était rien d’autre que du trafic d’êtres humains.
Ventura comme Jane ont passé plusieurs jours à la barre, racontant sans détour les sévices présumés. Les jurés ont vu la tristement célèbre vidéo de surveillance où Combs frappe Ventura à coups de pied dans un couloir d’hôtel, avant de la traîner par les cheveux jusqu’à la chambre où la fête battait déjà son plein. Des dizaines d’autres témoins, anciens employés de Combs, amis et proches des victimes présumées, ont également déposé, ajoutant au tableau des détails effroyables.
Tout au long du procès, les avocats de Combs ont tenu leur ligne : oui, il y a peut-être eu des épisodes « regrettables » de violences conjugales, mais les employés du rappeur n’étaient pas des conspirateurs criminels, et Ventura comme Jane consentaient à toutes les relations sexuelles.
La défense a passé au peigne fin les SMS dans lesquels Ventura et Jane auraient exprimé leur attachement amoureux pour Combs et leur enthousiasme pour les soirées. Combs lui-même a choisi de ne pas témoigner, et ses avocats n’ont cité aucun témoin. Ils ont préféré bâtir leur défense sur des contre-interrogatoires musclés des témoins de l’accusation, traquant avec habileté la moindre faille dans leurs dépositions.
Et maintenant ? Il est fort probable que Sean Combs fasse appel dès que sa peine aura été définitivement prononcée. Il devra en outre affronter des dizaines de plaintes civiles déposées contre lui ces deux dernières années, qui risquent de lui coûter des sommes colossales. Cette saga judiciaire semble encore loin d’être terminée.


