Polémique autour de la pochette du nouvel album de Sabrina Carpenter : « régressive » ou satire géniale ?
La pochette du prochain album de Sabrina Carpenter, « Man’s Best Friend », a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux.

L’une des plus brillantes jeunes stars de la pop, Sabrina Carpenter, a dévoilé mercredi la pochette de son prochain album, intitulé Man’s Best Friend (Le Meilleur Ami de l’homme), déclenchant aussitôt une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux.
La pochette, sur laquelle Carpenter apparaît à genoux, une main posée sur la jambe d’un homme qui la tient par les cheveux, a suscité à la fois de vives critiques pour son caractère « dégradant » et une défense passionnée y voyant une satire évidente, écrit Forbes.
Une autre image publiée par Carpenter, qui semble être une pochette alternative ou le verso de l’album, montre un chien portant un collier avec une médaille gravée Man’s Best Friend, ce qui n’a fait qu’alimenter le débat.
La pochette a instantanément envahi les réseaux sociaux, s’attirant de sévères critiques d’internautes, de chroniqueurs et même d’associations caritatives de défense des femmes, qui estiment que l’image rabaisse Carpenter, voire les femmes en général. L’organisation Glasgow Women’s Aid, basée en Écosse et qui vient en aide aux femmes victimes de violences conjugales, a qualifié la pochette de « régressive », estimant qu’elle « recycle des clichés usés qui réduisent les femmes à des animaux de compagnie, des accessoires et des biens, tout en véhiculant une part de violence et de contrôle ».
Une chronique du Telegraph a estimé que « la nouvelle pochette d’album hypersexualisée et dégradante de Carpenter est allée trop loin ». Son autrice, Poppy Platt, a rappelé que Carpenter comptait beaucoup de jeunes fans et a qualifié son marketing d’« inquiétant », le comparant à des tendances TikTok, comme l’esthétique « trad-wife » (l’épouse traditionnelle), qui prônent la soumission aux hommes.
Les fans de Carpenter, dont la pop a souvent un sous-texte ironique ou satirique, la défendent avec ardeur, affirmant que la pochette est un commentaire satirique sur la misogynie.
« Ça m’inquiète un peu que les gens soient incapables de comprendre tout de suite que la pochette est de toute évidence un commentaire sur la façon dont on traite les femmes » — peut-on lire dans une publication sur X qui a récolté plus de 44 000 mentions « J’aime ».
Les fans citent son single Manchild, où elle se moque des hommes, comme un indice que le prochain album pourrait lui aussi être satirique.
Brooke Ivey Johnson, rédactrice de la rubrique divertissement du média britannique Metro, a écrit que Carpenter « savait que vous détesteriez sa pochette provocante, et c’est tout l’intérêt ». Elle a défendu Sabrina comme une « experte dans l’art de façonner le récit », affirmant que la marque Carpenter « repose sur l’idée que les hommes ne sont rien de plus qu’un bruit de fond ». Johnson a qualifié l’esthétique de Carpenter de « satire à sa manière : un clin d’œil entendu à la façon dont la féminité est construite, consommée et commercialisée ».
Sabrina Carpenter n’a pas encore commenté directement cette polémique. Mais dans son interview à Rolling Stone, publiée jeudi, elle a évoqué les critiques visant son attitude scénique très sex-positive, déclarant avoir le sentiment de n’avoir « jamais vécu une époque où l’on décortique autant les femmes, où on les scrute sous tous les angles ».


