France

Dalida

Iolanda Cristina Gigliotti

Légende de la chanson française
Lieu de naissance
Le Caire, Égypte

Biographie

Dalida est née au Caire dans une famille italienne. À quatre ans, après une opération des yeux ratée, elle se met à loucher — elle ne se fera réopérer, avec succès, qu'adulte, en 1953.

En 1954, elle remporte le concours de Miss Égypte, tient de petits rôles au cinéma et prend le pseudonyme de « Dalila », en référence à l'héroïne biblique. Le 24 décembre de la même année, elle s'installe à Paris.

Les débuts sont difficiles : elle parle mal le français et ne trouve pas de travail. Elle prend des cours de chant avec Roland Berger et chante au club Villa d'Este — en italien, en français et en espagnol. C'est là que l'écrivain Alfred Machard lui conseille de remplacer le « l » de la dernière syllabe par un « d ». Ainsi naît Dalida.

En 1956, elle enregistre Bambino. En un an, 300 000 exemplaires sont vendus et elle reçoit son premier disque d'or. Suivent Gondolier, Come prima, Ciao ciao Bambina, une tournée en France, puis dans toute l'Europe, et en 1959 un retour triomphal au Caire. Lorsqu'en 1958 l'imprésario d'Ella Fitzgerald lui propose une carrière aux États-Unis, elle refuse.

En 1962, Dalida achète une maison à Montmartre — elle a dû la disputer à Jean-Paul Belmondo — et y vit jusqu'à la fin de sa vie. Au restaurant voisin, « Da Graziano », sa table préférée existe toujours.

En 1973, elle enregistre avec Alain Delon Paroles, paroles : en quelques semaines, la chanson prend la tête des hit-parades en France, en Italie, en Belgique, en Suisse et au Japon. En 1977 vient Salma ya Salama, une vieille chanson populaire égyptienne enregistrée en quatre langues ; le single est numéro un dans dix-sept pays. En mars 1981, à l'Olympia, elle reçoit un disque de diamant pour 80 millions de disques vendus.

La vie en coulisses était bien plus sombre. En 1967, au festival de Sanremo, le public rejette la chanson de son compagnon Luigi Tenco — le soir même, il se tire une balle dans sa chambre d'hôtel, et c'est Dalida qui découvre le corps. Quelques semaines plus tard, elle absorbe une dose mortelle de barbituriques et passe 90 heures dans le coma. En 1970, son premier mari, Lucien Morisse, se suicide ; en 1983, son compagnon Richard Chanfray est retrouvé mort dans sa voiture. La presse commence à la surnommer la « veuve noire ».

Dans la nuit du 2 au 3 mai 1987, Dalida laisse un mot : « La vie m'est insupportable. Pardonnez-moi. » À ses obsèques, le 7 mai, au cimetière de Montmartre, il semble que tout Paris soit venu.

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